À l’approche de la rentrée, votre lycéen(ne) redoute déjà les longues heures de révision parfois peu efficaces. Pour l’aider à organiser son travail, renforcer sa mémoire et rester concentré(e), Phosphore lui explique comment mieux utiliser son cerveau avec des stratégies concrètes à tester cette année.
Avec 86 milliards de neurones au compteur, ton cerveau est capable de faire des grandes choses. Mais il te joue parfois (souvent ?) des tours : risque de flemmardise élevé, tendance à la procrastination, démotivation sévère et même… KO technique. Rien ne va plus, tout est fichu ? Point du tout.
Ton cerveau extraordinaire, donc, aime se sentir flatté. Pour bien marcher, il a surtout besoin d’être récompensé et son carburant à lui, c’est la dopamine. Cette petite recharge de plaisir est nécessaire pour t’aider à rester concentré·e : le cerveau a besoin de savoir qu’il sera satisfait avant de commencer une tâche. Une sorte de carotte que l’on doit lui montrer régulièrement. Autrement dit, ton cerveau ne peut pas rester concentré trop longtemps de manière intense. Tu le constates déjà, il alterne souvent entre un mode intense et un mode diffus : le premier permet de perfectionner la maîtrise et le second, plus inconscient, de trouver des solutions aux problèmes rencontrés et donc de créer de nouveaux liens entre les neurones. Les deux sont essentiels et collaborent à chaque instant. C’est aussi pour cette raison que ton cerveau a besoin de temps et de répétition. Plus il s’entraîne, plus les liens sont rapides et plus tu mémorises.
Bref, ton cerveau a besoin d’être dorloté, vite et souvent, sans jamais être brusqué. Pour que votre relation reste au beau fixe, voici des méthodes de concentration et de mémorisation qui devraient vous plaire à tous les deux.
Parmi ces méthodes de travail, trouve celles qui te conviennent !
Méthode 1 : Pomodoro
Difficile d’imaginer qu’une tomate puisse t’aider à te concentrer, et pourtant… La technique Pomodoro (tomate en italien) est parfaite pour bichonner ton cerveau tout en te permettant d’atteindre tes objectifs. Commence par lister les tâches (exercice à faire, chapitre à réviser, fiche à préparer, etc.) que tu souhaites faire. Lance ensuite un minuteur (de cuisine, peut-être en forme de tomate, ou sur ton téléphone) de 25 minutes : c’est le temps qu’il te faudra pour réaliser la tâche. À la fin du temps imparti, tu peux prendre une courte pause de 5 minutes. Et tu enchaînes comme cela trois autres sessions de travail. Au bout de quatre cycles de Pomodoro, soit deux heures, tu peux prendre une plus longue pause de 15 à 20 minutes.
Avec cette technique, tu vois rapidement tout ce que tu as accompli, ce qui te permet de booster ton cerveau ! Et, en même temps, tu restes en mode focus sur un temps limité ce qui te permet là encore d’être plus performant·e sur la durée.

Méthode 2 : Compter les jours
La méthode des J est celle utilisée par les étudiants en première année d’études de santé dont le programme est assez dense et le rythme vite épuisant. Elle permet notamment de planifier sur le long terme tes révisions. D’après les recherches du philosophe allemand Hermann Ebbinghaus, au bout de 24 heures, nous avons déjà perdu 50 % de ce que nous avons appris la veille. Au bout d’une semaine, le réservoir s’amenuise et il ne reste qu’à peine 30 % de ce que nous avons appris. La méthode des J (pour jours) permet de déjouer cette courbe de l’oubli.
Le premier jour (J0), tu assistes au cours et découvres les notions. Dès le lendemain (J1), tu relis le cours pour commencer à retenir quelques infos. Il faut ensuite attendre deux jours (J3) pour le reprendre une nouvelle fois. Ensuite, il suffit d’espacer à J7, J14 et J30. Comme tu peux le voir, les révisions s’étalent alors sur un mois entier mais la méthode te permet de fixer la quasi-totalité de tes connaissances sur la durée.
L’inconvénient réside dans la manière de s’y retrouver dans tous ces jours et ces J ! Mais pour t’aider à savoir quelle matière et quel chapitre réviser chaque jour, il existe de nombreuses applications (Engram, Jdays, Hiphiphip, Segmo, etc.) qui font le boulot à ta place.
Méthode 3 : Le palais mental
Cette méthode vieille comme le monde ou presque faisait déjà ses preuves dans l’Antiquité. Aujourd’hui connue sous le nom « Palais mental », elle s’appelait « méthode des loci » qui signifie « lieux » en latin. Là encore, les étudiants en médecine s’en sont emparés, notamment pour apprendre les cours d’anatomie. Et avec plus de 200 os et 600 muscles dans le corps humain, leur palais doit être bien plus grand que le château de Versailles. Pourtant, même en habitant dans un petit appartement, on peut construire un immense palais mental. Et cette méthode marche aussi pour réviser une chronologie en histoire, apprendre du vocabulaire en langues ou réviser sa géographie.
Le principe est de se baser sur un lieu que tu connais très bien : ton logement, ta maison d’enfance, le trajet entre l’école et ta maison, un jardin, ta chambre… Ce lieu choisi est réel et tu peux t’y balader les yeux fermés. Cette étape est primordiale pour bien construire ton palais mental : le lieu ne doit avoir aucun secret pour toi. En fermant les yeux, déplace-toi de pièce en pièce, demande-toi ce que tu y vois et commence à chercher les détails (sur ta table de chevet, il y a une lampe jaune et dans la salle de bains, le savon blanc est posé près de la brosse à dents bleue). Imprègne-toi de l’odeur et de tous les sentiments que cela te procure pour aider encore ton cerveau à se l’imaginer. Ton cerveau doit s’y sentir bien, détendu, heureux. Le ramener à des moments positifs l’aide à fixer ta mémoire.

Une fois que ton palais est prêt, il est temps de le remplir. Par exemple, pour apprendre les os du corps, chaque partie du corps (tête, jambe, bras, tronc, etc.) va être associée à une pièce. On retrouvera donc les jambes dans la chambre et la tête dans la salle de bains. Le fémur est le plus grand os du corps, il sera associé à ta grande armoire massive. Au contraire, l’étrier, ce petit os de l’oreille, sera le bouchon de ton dentifrice. Quand tu visiteras virtuellement chaque pièce, tu sauras que le dentifrice est associé à au moins un os. Tu trouveras alors des moyens mnémotechniques pour t’en souvenir (l’étrier est tout petit et a la forme d’une dent).
Basée sur une mémoire spatiale, la technique a fait ses preuves auprès des champions de la mémoire qui, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne naissent pas avec des capacités de mémorisation plus importantes. Le palais mental, avec un peu d’entraînement, est donc accessible à tous.
Méthode 4 : Aller marcher
Se balader par l’esprit c’est une chose, mais le faire pour de vrai va aussi t’aider. Après ta séance Pomodoro, aller prendre un peu l’air en marchant ou en courant devrait améliorer ta concentration et ta mémoire. C’est en tout cas ce qu’ont démontré plusieurs scientifiques ces dernières années. Quand tu marches, ton cerveau crée de la dopamine, or on sait qu’il en est friand, et en même temps, il produit des protéines bénéfiques pour stimuler la création de nouveaux neurones. C’est à ce moment-là que ta concentration diffuse entre en jeu : en te baladant, on peut avoir l’impression que tu rêvasses et finalement, ton cerveau est en ébullition.
C’est aussi pour cette raison que les chercheurs recommandent d’aller se coucher en laissant des « problèmes en suspens ». Par exemple, si tu n’arrives pas à retenir une leçon ou si tu ne trouves pas la solution à un exercice, relis-le avant d’aller te coucher, dans la nuit, ton cerveau va tenter de créer ces nouvelles connexions indispensables.

Méthode 5 : Un environnement de travail serein
N’oublie pas que pour rester concentré, ton cerveau ne doit pas être distrait. Que ce soit visuellement (un environnement rangé, neutre et avec uniquement le matériel nécessaire) et même au niveau sonore ou olfactif. Des applications existent pour t’aider à t’éloigner de ton téléphone (Opal, Study Bunny, Brain Focus, Forest, FocusFlight, etc.). Moins il y a de tentations autour de lui, mieux ton cerveau se porte.
10 autres méthodes expliquées dans le guide Phosphore du mois de septembre
Pour lire la suite et découvrir les 10 autres méthodes de travail, rendez-vous dans le guide Phosphore du mois de septembre 2026. Ce numéro trimestriel est actuellement en vente en kiosque ou par abonnement.
- Méthode 6 : La prise de notes.
- Méthode 7 : Les flashcards.
- Méthode 8 : Le sketchnoting.
- Méthode 9 : La boîte de Leitner.
- Méthode 10 : Le travail de groupe.
- Méthode 11 : Les moyens mnémotechniques.
- Méthode 12 : Le son à la rescousse.
- Méthode 13 : L’IA pour le visuel et les questions.
- Méthode 14 : L’apprentissage par le jeu.
- Méthode 15 : La technique des post-it.
“Hacke ton cerveau !”, article extrait du magazine Phosphore de septembre 2026 (trimestriel). Texte Pauline Bluteau, illustrations : Sophia Baidouri.

Le numéro de septembre 2026 est actuellement en vente en kiosque et par abonnement.