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Okapi cultive depuis longtemps l’art du poisson d’avril. Pourtant, alors que les fausses infos explosent sur les réseaux sociaux, amplifiés par l’IA, le magazine des 11-15 ans a choisi, cette année, de s’intéresser aux arguments de celles et ceux qui affirment que la Terre est plate… pour mieux les démonter.

Chez Okapi, comme dans la plupart des magazines de Bayard Jeunesse, il existe une longue tradition du poisson d’avril ! Tous les ans à l’approche du printemps, la rédaction se met en mode remue-méninges pour imaginer le piège à tendre à ses lectrices et lecteurs : une info improbable, de préférence joyeuse, et suffisamment crédible pour que les collégiennes et collégiens, en tombant dessus dans nos pages, la valident malgré l’étonnement qu’elle suscite, et s’écrient : « C’est dingue, mais puisque c’est écrit dans Okapi, j’y crois ! ».

On ne le sait pas, mais il faut un vrai savoir-faire pour aboutir à ce résultat ! Un poisson d’avril dans les pages d’Okapi, cela a toujours été une façon de surfer sur l’air du temps, mais aussi de donner à réfléchir, au-delà du gag, sur ce qu’est une information, sur la façon dont elle est construite, et pourquoi on a envie d’y croire. Bref, il y a aussi une vertu pédagogique dans cette tradition de la fausse info cachée, une part d’éducation aux médias dans le fait d’apprendre à la déceler ! Et il n’est pas de plus belle récompense pour la rédaction que le courrier reçu quelques jours plus tard, dans lequel un jeune lecteur s’exclame : « Vous m’avez bien eu ! »

Des poissons d’avril mémorables !

Il y a eu des poissons mémorables dans l’histoire d’Okapi et, peut-être, certains parents en gardent le souvenir s’ils/elles ont lu notre magazine dans leurs années collège. On peut citer, par exemple, l’invention d’un boys band, à l’époque où ce phénomène était en vogue à la toute fin du XXe siècle : le groupe avait été constitué de membres masculins de la rédaction qui avaient eu droit à une vraie séance d’habillage fashion et de photos en studio pour sembler plus vrais qu’un authentique boys band ! Des lectrices et lecteurs d’alors étaient tombés dans le panneau, étonné(e)s tout de même de ne jamais avoir entendu parler de ce band auparavant ! Le canular avait heureusement été dévoilé dès le numéro suivant.

Article extrait du magazine Okapi n° 626 (1er avril 1998).

Autres gags de saison dont Okapi reste fier : une enquête bidon – mais fouillée ! – sur un élevage secret de Pokemons sur une île au large du Japon, des photos volées d’un prétendu « Pikachu vivant » rendant cette info exclusive crédible ! Ou, bien plus récemment, des conseils de Do it yourself pour obtenir du wifi chez soi en utilisant les capacités inconnues de certaines plantes d’intérieur ; ou pour élever un cabillaud apprivoisé dans sa baignoire… Le poisson d’avril ultime par excellence !

C’était avant l’IA générative…

Ces infos tordues et (parfois) tordantes, toutes nées dans des cerveaux okapiens normalement constitués, ont au moins deux points communs : elles amusent mais on a bien envie d’y croire ; et elles sont apparues avant l’émergence des intelligences artificielles génératives. Avant la déferlante ChatGPT dans la vie de nos ados. Avant, aussi, cette ère de post-vérité dans laquelle nous sommes entrés et où les fake news sont reines

De fait, les temps ont changé, et notre époque pourrait donner le sentiment de vivre dans un « jour sans fin » resté coincé à la date du 1er avril, du moins si les choses étaient plus réjouissantes. À chaque jour, désormais, son lot de deep-fakes, ces vidéos virales entièrement générées par l’IA et diffusées sur nos réseaux mainstream, qui captent l’attention et estompent les vraies infos. Dans ce qui est donné à voir de la guerre au Moyen-Orient, la confusion est devenue totale entre images vraies et fausses de bombardements ou d’incendies, entre infos vérifiées et fake news sur des attaques réelles ou prétendues, souvent entretenues par les belligérants eux-mêmes pour nourrir cette confusion généralisée et qualifier l’autre de complotiste.

Pour Okapi, dont le public adolescent est très équipé en écrans et, malgré les restrictions d’âge, très présent sur les réseaux sociaux, donc exposé et captif, cette évolution du rapport à l’information, aussi récente que rapide, bouleverse la façon d’envisager le 1er avril. Dans nos pages, il devient imprudent d’ajouter à la confusion en produisant ce que les intelligences artificielles font désormais à merveille : de la fausse information non identifiée. Il devient risqué aussi de le faire « juste pour rigoler » sans passer soi-même pour un créateur de fake news !

Faudrait-il alors renoncer à l’esprit du 1er avril dans Okapi ? Le magazine, dans sa nouvelle édition, choisit plutôt d’attraper le « taureau fake » par les cornes en s’attaquant à la plus ancienne fake news de l’histoire : celle qui affirme avec aplomb que la Terre est plate.

“La plus vieille fake news du monde”. Couverture du magazine Okapi n°1241, 1er avril 2026. En kiosque à partir du 18 mars 2026.
Couverture du magazine Okapi n°1241, 1er avril 2026. En kiosque jusqu’au 1er avril 2026.

Qui sont les « platistes » ?

Croire que la Terre est plate n’est pas l’idée folle d’une poignée de farfelus. Une étude de la plateforme allemande Statista estime à 2 % en 2025 la part de la population mondiale qui considère cela possible. Aux États-Unis, cette affirmation séduit quelque 12 millions d’adultes. Et en France ? Selon un sondage Ifop de 2023, un jeune de 11 à 24 ans sur six adhère à cette théorie. Un pourcentage qui se renforce chez les utilisateurs de TikTok.

Textes : Emmanuelle Lucas. Illustrations : Zelda Zonk.

Mais les platistes, aussi nombreux soient-ils, ne sont pas un tout uniforme : certains nourrissent une mise en cause systématique de la science et, plus largement du « système », d’autres « agissent » par pure ignorance, d’autres encore cherchent à manipuler les plus influençables d’entre nous, dont les plus jeunes, certains enfin adorent se singulariser en prétendant avoir toujours raison seul(s) contre tous… Ils (et elles) n’en constituent pas moins une communauté importante, qui se maintient contre toutes les évidences de la connaissance scientifique.

Illustration : Zelda Zonk.

Okapi, en ce 1er avril, explore ce qui les motive, et démonte certaines de leurs théories et explications, dessins à l’appui, en les confrontant, sur le mode de l’humour, à la preuve scientifique.

Textes : Emmanuelle Lucas. Illustrations : Zelda Zonk.

Pour les convaincre ? Ce serait en partie peine perdue. Ce dossier, à lire dans Okapi n° 1241 ou à télécharger gratuitement ci-dessous, donne plutôt l’occasion d’aborder de façon ludique et à hauteur de collégien(ne) des notions d’astrophysique ou d’histoire de la science, donc de culture générale. Comment a-t-on découvert la rotondité de la Terre ? Quelles preuves « à l’œil nu » existe-t-il de cela ? Et depuis quand le sait-on ? La réponse ? Dès l’Antiquité, les expériences du Grec Eratosthène avaient permis de certifier que la Terre est une sphère, mais aussi de connaître la longueur de sa circonférence… Près de 40 000 kilomètres. Vous le saviez ?

Jean-Yves Dana, rédacteur en chef d’Okapi