Critères de sélection jugés flous, inégalités entre les candidats, manque d’accompagnement… Depuis plusieurs semaines, Parcoursup est au cœur de la contestation des lycéens. Le gouvernement leur a promis le remplacement de la plateforme à la rentrée 2028. D’ici là, plusieurs améliorations sont attendues.
Lancée en 2018, Parcoursup est la plateforme nationale qui centralise les candidatures dans l’enseignement supérieur. Plus de 25 000 formations y sont proposées sur tout le territoire pour plus d’un million de candidats. Mais après huit années de fonctionnement, le dispositif fait l’objet de nombreuses critiques.
Pourquoi Parcoursup est-il critiqué par les lycéens ?
Pour beaucoup d’élèves, le problème tient d’abord à l’impossibilité de savoir comment leur candidature est jugée. Pour trier les dossiers, chaque formation met en place une commission d’examen des vœux, en s’aidant parfois d’algorithmes « locaux ». Ces algorithmes étant couverts par le « secret des délibérations », la manière dont est établi le classement final des candidats reste très opaque. Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a lui-même reconnu qu’il fallait plus de transparence et de simplicité.
Les lycéens reprochent aussi à ce système d’être inégalitaire. Les universités peuvent sélectionner les candidats en fonction de leurs notes et des appréciations des enseignants, alors que tous les lycées n’ont pas le même niveau d’exigence ni les mêmes conditions d’apprentissage. Certains établissements pondèrent aussi les notes selon le classement du lycée d’origine. Un élève ayant de très bons résultats dans un lycée moins bien classé peut ainsi être désavantagé face à un candidat aux notes inférieures, issu d’un établissement mieux réputé. Un rapport parlementaire publié en février 2026 pointe aussi « des inégalités socioculturelles préexistantes que le fonctionnement de Parcoursup contribue à reproduire sans les corriger, voire à aggraver ».
Les évolutions prochaines de Parcoursup
Lors d’une conférence de presse, lundi 26 octobre 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a évoqué des améliorations dès la campagne de 2027 ainsi que le remplacement de Parcoursup par un nouveau système à la rentrée 2028.
Certaines annonces sont déjà précises. Désormais, les formations devront rendre leurs critères d’examen des candidatures plus compréhensibles. Les candidats refusés devront également recevoir une explication sur les raisons de leur non-admission.
Autre nouveauté : un accompagnement à l’orientation est prévu dès la seconde. Une journée d’immersion dans l’enseignement supérieur sera aussi proposée pour les premières et les terminales, dans les établissements où cela s’avérera faisable.
Le gouvernement chiffre aussi l’effort sur les capacités d’accueil : 15 000 places supplémentaires d’ici 2028, dont 10 000 en BTS, 4 000 en BUT et 1 000 en licence accès santé. Philippe Baptiste parle aussi d’un « droit à l’erreur », qui doit faciliter la réorientation des élèves insatisfaits de la formation choisie.
Le gouvernement n’a pas annoncé de remise en question du principe même de sélection. D’autres systèmes d’admission à l’enseignement supérieur existent pourtant en Europe : en Belgique et en Italie, les bacheliers accèdent le plus souvent à l’enseignement supérieur sans sélection préalable.
Parcoursup 2027 : les dates à retenir
Le calendrier de la prochaine campagne est désormais connu. La carte des formations sera accessible dès le 17 décembre 2026. Les inscriptions et la formulation des vœux débuteront le 18 janvier 2027, jusqu’au 11 mars. Les candidats auront ensuite jusqu’au 1er avril pour compléter leur dossier et confirmer leurs choix. La phase d’admission, durant laquelle les formations transmettront leurs réponses, commencera le 1er juin 2027.
Texte : Ninon Fraigneau. Photo : Adobe Stock.