Les youtubeurs s’invitent dans les rayons des supermarchés et leurs produits cartonnent. Dans son numéro 1249, le magazine Okapi décrypte ce phénomène, avec les conseils d’une diététicienne à partager avec vos ados.
Ce phénomène, venu des États-Unis, cartonne désormais en France. Il y a quelques années, youtubeur(se)s et influenceur(se)s se contentaient de faire la promo de marques alimentaires. Aujourd’hui, beaucoup créent leurs propres marques — un business qui peut rapporter gros.
Influence et consommation : la recette du succès
Une communauté fidèle
Les influenceur(se)s ont des millions de fans qui leur font confiance. Les clients sont déjà là !
Une promo digne d’un show
Teasing, indices, coulisses… Avant, pendant et après la sortie, tout est pensé pour créer l’envie.
L’effet de mode
Sur TikTok, des internautes testent les produits, commentent les prix, parfois un peu élevés. Une pub virale et gratuite.
Le précurseur français de l' »influfood » : Mister V et ses pizzas Delamama
Avec ses pizzas surgelées, Mister V a été le premier youtubeur français à investir les supermarchés en 2022. Elles sont toujours en vente, avec de nouvelles recettes, parfois dans des stades ou des fast-foods.
Squeezie, le businessman des boissons
Après Ciao Kombucha, Squeezie a lancé en juin, avec Inoxtag et Lena Situations, les boissons énergisantes Ciao Energy. Bilan : un million de canettes vendues en quatre jours. Présentées comme plus naturelles, elles contiennent tout de même 10 g de sucre par canette…
Mcfly et Carlito débarquent dans l’influfood
Pour sa marque de chips Brosti, le duo a misé sur des saveurs originales, comme couscous ou fraise-chantilly. En juin, un incendie a touché l’usine de production. Des paquets, vendus 2,49 €, se sont retrouvés à 200 € sur Vinted !
Le flop : Michou et son resto
Deux ans après la création de son fast-food Mealy, le streameur a dû fermer deux points de vente sur trois ! Clients et employés ont critiqué la qualité des produits, les conditions de travail et l’hygiène.
Carton rouge : Tibo InShape et ses produits de nutrition sportive
En vendant ses compléments alimentaires, Tibo InShape banalise leur usage chez ses jeunes abonnés. Or, ils ne sont pas du tout adaptés aux ados, renforcent la pression autour du corps et sont risqués en cas de mauvaise utilisation.
L’avis de l’experte
Comment s’y retrouver face à ces produits qui attirent nos ados ? Stéphanie Ballot, diététicienne- nutritionniste à Paris et présidente de l’association Miam, répond aux questions d’Okapi.
Les produits des influenceurs sont-ils sans risque ?
La plupart sont des aliments “plaisir”, riches en sucre, matières grasses ou sel, donc à consommer occasionnellement. Les boissons énergisantes sont à éviter : leur forte teneur en caféine perturbe le sommeil ou la concentration.
Faut-il croire leurs arguments de vente ?
Pas toujours. Beaucoup mettent en avant des compositions plus naturelles, protéinées ou healthy. Mais ces arguments ne suffisent pas à rendre un produit bon pour la santé !
Quels bons réflexes adopter ?
Le premier indice, c’est de regarder la liste des ingrédients : plus elle est longue, plus le produit risque de contenir des additifs. Il ne faut pas hésiter à poser des questions à un professionnel de santé… Et à garder un esprit critique face aux tendances !

« Les youtubeurs, bientôt rois des supermarchés », extrait du magazine Okapi n°1249, 1er septembre 2026. Textes : Célie Dugand et Lucie Quellard. Illustration : Jérôme Sié.
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