Sur les réseaux sociaux, les discours masculinistes se diffusent de manière inquiétante auprès des jeunes. Phosphore aide les 14-19 ans à les repérer et à y répondre, sans les relayer ni se laisser influencer. Ce numéro est actuellement en libre accès, n’hésitez pas à le consulter avec votre ado pour en discuter ensemble. Extraits…
Les masculinistes peuvent parfois sembler convaincants parce qu’ils s’appuient sur des frustrations, des peurs ou des inquiétudes ressenties par certains hommes ou garçons. Leurs contenus, souvent haineux envers les femmes, provoquent de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Ces réactions alimentent les algorithmes, ce qui explique pourquoi de plus en plus de vidéos masculinistes apparaissent dans nos fils d’actualité.
Mais adhérer à ces idéologies masculinistes n’est pas une fatalité. Apprendre à repérer ces discours et à y répondre est l’un des meilleurs moyens de t’en protéger et d’éviter de les relayer.
Cinq conseils pour faire face aux idéologies masculinistes à l’adolescence
Oser répondre et s’affirmer
Quand quelqu’un tient des propos sexistes, méprisants ou dévalorisants, tu as le droit de lui faire remarquer clairement, avec sérieux ou avec humour. Exemples : « Ce que tu dis est sexiste » ou « C’est une blague ou tu penses vraiment ça ? »
Tu te demandes si le propos est vraiment sexiste ? Si tu as un doute, c’est qu’il y a un loup. Parles-en avec des amis ou des adultes de confiance.
Poser ses limites et choisir ses batailles
Tu n’es pas obligé·e d’accepter des remarques, des débats ou des comportements qui te mettent mal à l’aise. Exemple : « Non. Je ne suis absolument pas d’accord avec toi. Cette conversation s’arrête là. » Certaines personnes ne cherchent pas à discuter mais à avoir raison à tout prix. Dans ce cas, mieux vaut parfois arrêter la discussion et passer à autre chose plutôt que de s’épuiser.
Se protéger en ligne et dans ses relations
Sur les réseaux comme dans la vraie vie, éloigne-toi des personnes ou des contenus qui te mettent mal à l’aise et te font du mal.
On pourrait avoir envie de repartager un contenu masculiniste pour le pointer du doigt et le critiquer, mais ce n’est pas une bonne solution. Cela nourrirait l’algorithme qui le diffuserait davantage. Le mieux reste encore de l’ignorer, de bloquer le compte en question ou de se désabonner.
Signaler les contenus problématiques
Tu peux signaler un contenu directement sur le réseau social sur lequel tu scrolles ou alerter l’Arcom (l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) sur son site (arcom.fr). N’oublie pas de faire des captures d’écran pour constituer un dossier de preuves. D’autres plateformes, comme Pharos ou l’association Point de Contact, peuvent aussi recevoir des signalements.
Ne pas rester seul
Si tu te poses beaucoup de questions, que tu sens naître en toi un sentiment de haine, parle de ce que tu vis à des proches de confiance et, si cela affecte ton bien-être, demande de l’aide à un professionnel de santé, comme un·e psychologue.
Dernière petite astuce
Si tu doutes face à un contenu en ligne, si tu ne sais pas vraiment s’il s’agit d’un contenu masculiniste ou pas, lis les commentaires.
Si des utilisateurs ont écrit des phrases dénigrantes qui ont pour objectif de mettre mal à l’aise quelqu’un ou un groupe de personnes, c’est qu’il y a vraiment un problème.
Accéder à l’ensemble du dossier “Qui sont les masculinistes ?”
Ce “Petit guide pour répondre aux masculinistes toxiques” est extrait du dossier « Qui sont les masculinistes » publié dans Phosphore #72, 11 septembre 2026. Dossier de Julie Pialot. Un grand merci à Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue, et à Laure Salmona, directrice et cofondatrice de l’association Féministes contre le cyberharcèlement, pour leurs précieux conseils.
Phosphore, c’est aussi un magazine trimestriel, à lire de la 3e à la terminale
Pensés pour les 14-18 ans et leurs parents, les guides trimestriels Phosphore accompagnent les années de la troisième à la terminale avec des décryptages, des témoignages et des conseils…
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Le numéro de Phosphore de septembre-octobre-novembre 2026 est actuellement en vente en kiosque et par abonnement.
