Éveillez la curiosité de votre enfant avec le magazine qui lui ressemble !

Face aux récents cas de violences dans le périscolaire, les parents expriment leur inquiétude. Pour porter la voix des écoliers, se faire élire représentant des parents d’élèves ou se réunir au sein d’un collectif peut être l’un des moyens d’action. Explications.

Le sujet a pris de l’ampleur à Paris, mais de nombreuses voix s’élèvent pour dire que le problème est national. Sur tout le territoire, des cas de violences sexuelles dans le périscolaire ont été recensés. Pour avoir une meilleure connaissance de ce qui se passe au sein des établissements, il est possible de s’investir.

Les violences dans le périscolaire, un sujet encore trop peu audible

La médiatisation de cas de violences sexuelles et les dépôts de plaintes contre des agents du périscolaire à Paris ne sont pas restés sans conséquence. Mi-avril, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a fait adopter un plan d’action qui prévoit notamment une simplification de la chaîne de signalement, la mise en place d’une cellule spécifique et « une transparence totale », envers les familles.

« À Paris, ça a radicalement changé. Quand il y a un signalement, il est entendu, il y a une suspension et une enquête administrative », constate Élisabeth Guthmann, cofondatrice de SOS Périscolaire. « Mais en région, nous n’avons pas du tout l’impression que ça a bougé, sauf quelques communes qui nous ont contactés. Mais cela reste anecdotique… » Dans ce contexte, l’engagement collectif des parents d’élèves reste un levier nécessaire.

Parents d’élèves : un rôle d’intermédiaire

« Nous sommes une sorte de maillon qui fait le relais entre les parents et l’institution au sens large », constate Édith James, qui a longtemps été élue comme représentante des parents d’élèves, avant d’occuper aujourd’hui le poste d’adjointe en charge de l’éducation et des droits des enfants à Nantes.

Pour être élu, il suffit de déposer une liste de candidature dix jours avant le scrutin, qui a lieu généralement au mois d’octobre. Lorsqu’on se présente, on peut être adhérent à une fédération de parents d’élèves comme la FCPE ou la PEEP, faire partie d’une association ou présenter une liste indépendante.

« En tant qu’élu, vous êtes légitime pour être le porte-parole et le représentant de vos pairs, donc cela vous permet d’avoir plus facilement accès à la mairie », détaille Grégoire Ensel, vice-président de la FCPE. Il précise que la FCPE s’est engagée dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. « Dans la mesure où le temps périscolaire fait partie de nos statuts, rejoindre la FCPE permet d’aller en justice plus facilement car la FCPE peut se constituer partie civile. Cela donne aussi accès à des formations pour les parents, notamment sur la question des violences. »

Le conseil d’école, une instance essentielle

Interlocuteur privilégié de tous les parents d’élèves, l’élu siège au conseil d’école, une instance où toutes les questions concernant le projet de l’établissement sont abordées.  Le vice-président de la FCPE explique : « C’est le cœur battant de l’école, qui se réunit une fois par trimestre. Pourquoi c’est important ? Car cela permet de voir ce qui se passe dans l’école. »

Autour de la table siègent notamment le directeur de l’école, les maîtres, un conseiller municipal, un délégué départemental de l’éducation nationale et les parents élus. « On arrive avec des questions, des remarques des parents et il y a des moments où on fait alliance avec les enseignants pour porter des demandes à la mairie. Les sujets comme l’aide au devoir, des réactions d’animateurs ou d’animatrices qui n’étaient pas appropriées lors du périscolaire, ont déjà été abordés », se souvient Édith James.

Des missions encore trop floues

Édith James le reconnaît, la première fois qu’elle a endossé ce rôle quand sa fille était en grande section de maternelle, elle était « dans le flou ». Car la fonction des représentants des parents d’élèves n’est pas définie de façon précise. Une situation que dénonce Élisabeth Guthmann. « Effectivement, c’est la question centrale : il n’y a pas de charte des parents élus. C’est un sujet dont nous avons discuté avec la FCPE afin de définir leur mission et leur champ d’action. » Sur la question du périscolaire, les parents élus sont certes des porte-parole, mais ils n’ont pas davantage accès à ce qui s’y déroule que les autres parents d’élèves.

Les collectifs, l’autre levier d’action

Élisabeth Guthmann est catégorique : « Un groupe a quand même plus de moyens de pression. » Et l’élection n’est pas la seule option possible. SOS Périscolaire encourage les parents à se réunir au sein de collectifs, un format permettant de réunir des membres issus de plusieurs écoles d’un arrondissement ou d’une commune. Une alliance qui n’a rien d’anodin quand on sait que le périscolaire accueille des enfants issus d’établissements différents pendant les vacances.

« Il faut mobiliser autour de soi, commencer par un micro-collectif à l’échelle d’une école puis élargir aux écoles à côté. Quand un collectif représente plusieurs écoles, les parents peuvent peser, mettre la pression pour que leurs demandes soient entendues. Et ça, les mairies n’aiment pas », insiste la cofondatrice de SOS Périscolaire. Désormais adjointe à la mairie de Nantes, Édith James ne dit pas autre chose : « Ce sentiment de collectif est très important. Tous les parents ont un rôle à jouer en se mêlant de la vie de l’école. Il ne faut pas avoir peur d’être exigeant tout en étant bienveillant, on peut cumuler les deux attitudes. »

Hélène Guinhut Boncœur. Photo : Olga pour AdobeStock.

3 livrets Bayard Jeunesse pour prévenir et réagir face aux violences faites aux enfants

Parler des violences sexuelles à un enfant est loin d’être facile. Pour aider les parents et les éducateurs à trouver les mots justes, Bayard Jeunesse a conçu, avec les rédactions de ses magazines, trois livrets adaptés à chaque âge : 3-7 ans, 7-13 ans et plus de 14 ans.

Réalisés avec des médecins et des psychologues spécialisés, ces livrets visent aussi à sensibiliser les enfants et les adolescents à reconnaître une situation anormale et à leur apprendre à y réagir.

À lire aussi