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Moment festif qui rassemble autour des valeurs du sport, le Mondial de football est parfois entaché de débordements de la part des supporters. Pour profiter sans déraper, il suffit de rappeler quelques règles. Intéressantes à partager dès l’enfance. 

« Le foot, ça ne devrait être que le plaisir du jeu. Alors ensemble, jouons du bon côté. » Ces mots, prononcés par les capitaines des équipes de France féminine et masculine, Griedge Mbock et Kylian Mbappé, sont ceux de la campagne de sensibilisation lancée en février dernier par la Fédération française de football. Porté par un clip vidéo, le message de prévention est clair : « Joueurs, éducateurs, dirigeants, parents et supporters, chacun a un rôle à jouer pour préserver un football respectueux et apaisé. » À l’occasion de la Coupe du monde de football, qui se déroule jusqu’au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique, ce message est plus que jamais d’actualité.   

Coupe du monde : le fair-play au cœur du jeu 

Les incivilités et tensions qui émaillent les grands soirs, comme la finale de la Ligue des champions le 30 mai dernier, ne doivent pas éclipser les valeurs du sport. Morgane Cousin est coordinatrice de la fondation Égal Accès, à l’origine de « Merci le sport ». À travers des stands d’animations dans les tournois amateurs, le dispositif sensibilise les jeunes de 11 à 14 ans et organise même la Coupe du fair-play. « Nous faisons des flyers avec les valeurs essentielles  : le fair-play, l’esprit d’équipe, la solidarité, le plaisir, le partage et le respect des différences », explique-t-elle.  

Coupe du Monde de football : aider son enfant à être un supporter bienveillant  © AdobeStock

Football : les parents aussi doivent donner l’exemple 

Pour Nicole Abar, ancienne joueuse de l’équipe de France et fondatrice de l’association Liberté aux joueuses, ces principes qu’on inculque aux enfants vont bien au-delà du football. « Si on élève ses enfants pour qu’ils soient respectueux, dans le partage et dans l’accueil de l’autre avec ses différences, ce sont des bases fondamentales qui se retrouvent dans les clubs, à l’école et dans la vie. Le football n’est qu’un épiphénomène dans la vie d’un enfant. En tant que supporter, il s’agit de mettre au-dessus de tout le plaisir du jeu, la beauté du spectacle et l’idée que le meilleur gagne. Il faut apprendre à gagner avec élégance et à perdre avec dignité. » 

Et d’ajouter : « À partir du moment où on se prétend fan de football, c’est le jeu qu’on aime. La gestuelle technique, l’efficacité dans les situations collectives, les buts, les actions magnifiques, ce qui fait se lever les gens dans le stade. » Et bien entendu, que ce soit devant la télé ou au bord du terrain, c’est aussi aux parents de donner l’exemple. « On s’est rendu compte qu’il y avait plus de débordements chez les parents, car ils souhaitent que les jeunes soient dans la performance », déplore Morgane Cousin.  

Coupe du Monde de football : aider son enfant à être un supporter bienveillant  © AdobeStock

Football : 3 clés pour être un bon supporter  

⚽Aimer l’adversaire 

Souvent fans de leurs champions, il n’est pas toujours facile pour les enfants de trouver le juste équilibre entre soutenir son équipe et dénigrer son adversaire. « Du début jusqu’à la fin du match, on peut être un peu partisan », concède Nicole Abar. « Mais une fois que l’action est réussie, on applaudit » Celle qui a été huit fois championne de France nuance l’importance de la victoire. « On pousse trop les garçons à être dans la compétition, à être le meilleur. Il faut prendre de la hauteur là-dessus. » Pour inviter les jeunes au respect, elle soulève un autre argument : « Si je n’ai pas d’adversaire, il n’y a pas de match. Et je crois que tout le monde est d’accord pour dire que les plus belles victoires sont celles où l’adversaire est coriace. »  

⚽Respecter l’arbitre 

Être un supporter bienveillant, c’est aussi respecter un acteur clé : l’arbitre. Chacun peut pester tant qu’il veut, ce principe reste inflexible. « On essaye de faire confiance à l’arbitre et quoi qu’il dise, qu’il ait raison ou pas, il faut le respecter. Si on n’est pas d’accord, on encaisse sans montrer sa contrariété », assène Morgane Cousin.  

⚽Dire non aux débordements  

Moment de liesse collective, les gros matchs et soirs de finale peuvent aussi donner lieu à des débordements. Si nos ados sortent fêter la victoire avec les copains, quelques mises en garde sont nécessaires. Nicole Abar, qui se souvient encore de « la belle hystérie » autour de la finale de 1998, alerte les jeunes sur les dangers de l’effet de groupe. « Il faut apprendre à l’enfant à être responsable et à se retirer. Si les parents inculquent les bonnes valeurs, c’est la plus grande des forces. L’enfant sera capable de dire stop, je n’y vais pas ou je m’en vais. Et il faut lui dire que s’il est rejeté par le groupe, ce n’est pas grave, l’important, c’est le respect de ses valeurs. » Car rien ne doit venir gâcher la beauté du jeu.  

Hélène Guinhut Boncœur. Photos : AdobeStock.