Ouille ! Il y a des questions d’enfants auxquelles il n’est pas facile de répondre. Pour vous aider, faites confiance à Astrapi ! Grâce à ce dossier, réalisé avec une chercheuse de l’Institut Pasteur, les 7-11 ans deviendront incollables sur les microbes. Bonne découverte en compagnie de Rosalie la bactérie, Manon le champignon, Marcus le virus et Walter le protozoaire…
Bienvenue chez les microbes !
Les plus petits êtres du monde
Le mot « microbe » est formé de deux mots grecs : « mikros », qui veut dire « petit », et « bios », qui signifie « vie ». Il ne désigne pas une espèce en particulier, mais plein d’organismes invisibles à l’œil nu. Pour les apercevoir, il faut utiliser un microscope !
Le club des quatre : bactéries, champignons, virus et protozoaires
Il existe quatre sortes de microbes : les bactéries, les champignons, les virus et les protozoaires. Leur point commun ? Ils sont minuscules : entre 1 000 et 25 000 fois plus petits qu’un grain de sable !
Une seule cellule vivante
Les microbes sont souvent formés d’une seule cellule vivante. Une cellule, c’est la brique de base du vivant : les animaux et les végétaux sont constitués de milliards de cellules microscopiques.
Antonie Van Leeuwenhoek : un Hollandais très curieux
Les microbes ont été observés pour la première fois en 1674 par le commerçant hollandais Antonie Van Leeuwenhoek. On raconte qu’il a utilisé une goutte de miel pour regarder à travers ! Avec son microscope ultrasimple, il a observé des gouttes d’eau, du vinaigre, son sang, ses poils… et a vu qu’ils étaient peuplés d’organismes minuscules.
Des milliards de microbes
Des biologistes américains ont déterminé en 2016 qu’il existe environ 1 000 milliards d’espèces de microbes sur Terre. C’est plus d’étoiles que dans notre galaxie !
Ni gentils ni méchants
Les microbes jouent un rôle immense dans la vie sur Terre. Certains rendent les humains malades, mais d’autres sont indispensables au fonctionnement de notre corps. Et d’autres sont très utiles, dans la nature ou dans notre vie quotidienne, par exemple pour détruire des déchets ou pour fabriquer des aliments.
Grâce à Rosalie, Marcus, Manon et Walter, apprends à les connaître !

L’experte : Sarah Dellière est médecin microbiologiste à l’hôpital Bichat-Claude Bernard et chercheuse à l’Institut Pasteur. © Institut Pasteur/François Gardy.
Rosalie la bactérie

Nous, les bactéries, nous sommes généralement composées d’une seule cellule toute simple. Nous ne sommes ni des animaux ni des végétaux mais… autre chose ! Nous pouvons être rondes, en forme de tortillon ou de bâtonnet. Il y a des millions de types de bactéries différentes.

Nous sommes partout : dans l’air, l’eau, la terre, les plantes… Nous sommes sur ta peau mais aussi dans ton corps. Certaines d’entre nous peuvent résister au froid extrême et d’autres aux pires chaleurs !

Après notre naissance, nous grossissons et nous nous divisons pour donner naissance à de nouvelles bactéries. Parmi nous, certaines se développent en quelques minutes à peine, ce qui fait naître rapidement des millions d’autres bactéries !

J’ai des cousines dangereuses pour les humains, car elles libèrent des substances nocives. Les caries et certaines otites sont causées par des bactéries. Les bactéries sont aussi parfois à l’origine de maladies plus graves, comme la tuberculose. Pour les neutraliser, on utilise des médicaments spéciaux : les antibiotiques.

Ton intestin est peuplé de milliards de bactéries, qui t’aident à digérer. Elles décomposent ce que tu manges pour que les cellules de ton corps puissent l’absorber. Cette population de bactéries t’est personnelle : personne n’a la même que toi !

Certaines bactéries sont utilisées par les humains dans des stations d’épuration, où sont nettoyées les eaux sales venant des maisons. Ces bactéries dévorent les déchets « organiques » : le caca, le pipi, les restes de nourriture…

Sans nous autres, les bactéries, pas de fromage, de vinaigre ou de cornichons ! Pour fabriquer un yaourt, par exemple, il faut ajouter des bactéries « lactiques » à du lait pour le transformer.

En direct du labo avec Sarah Dellière, médecin microbiologiste et chercheuse

« Certaines bactéries deviennent de plus en plus difficiles à traiter, car elles résistent aux antibiotiques. Nous cherchons d’autres façons de les bloquer, mais elles arrivent presque toujours à trouver un moyen de contourner les traitements. C’est une vraie course contre le temps ! »
Marcus le virus

Nous, les virus, sommes environ 100 fois plus petits que les bactéries et 1 000 fois plus que les cellules. Nous ne sommes formés que d’un brin d’ADN ou d’ARN (du matériel génétique, sorte de plan de construction des êtres vivants). Et ce bout d’ADN ou d’ARN est entouré d’une coque de protection.

Nous sommes très différents des autres microbes. Nous ne mangeons pas et nous ne grossissons pas tout seuls : nous avons besoin de nous installer dans un animal ou un végétal, Dans ce réservoir, comme les humains l’appellent, nous pouvons rester longtemps tranquilles sans rien faire.

Parfois, nous quittons l’animal ou le végétal qui nous abritait (par exemple à travers des postillons) et nous nous retrouvons dans un autre organisme. Là, nous nous fixons à une cellule, et nous la forçons à fabriquer des copies de nous.

Quand nous nous fixons à une cellule, on dit que celle-ci est « infectée ». Les copies du virus qu’elle a créées filent infecter d’autres cellules, puis d’autres organismes… Et cela cause des maladies contagieuses, qui se transmettent.

Les virus sont à l’origine des rhumes, des grippes, de la rougeole, de la varicelle ou du covid. Mais aussi de la rage, des hépatites, de la variole, du sida…

Attention : nous ne sommes pas tous dangereux pour les humains. Il existe des virus totalement inoffensifs, et certains sont même capables d’attaquer des bactéries dangereuses ou de faire exploser les cellules de certains cancers !

L’ennemi des virus, c’est le vaccin. Il prépare le corps humain à se défendre. Il s’agit d’injecter dans ton corps un petit bout inoffensif ou affaibli d’un virus, pour apprendre au corps à lutter contre lui. Et si le virus attaque plus tard, tes défenses sont prêtes !

En direct du labo avec Sarah Dellière, médecin microbiologiste et chercheuse

« Pour observer les virus, on a besoin de microscopes super puissants qui n’existent que dans des laboratoires spécialisés. Mais on peut détecter un virus en quelques heures à peine en cherchant son ADN dans la salive ou dans le sang, par exemple. Cela permet de le diagnostiquer rapidement et de limiter sa circulation. »
Manon le champignon

Notre spécialité, c’est de pomper autour de nous tout ce qui est ou a été vivant : les fruits, les légumes, les plantes, les arbres, les animaux, mais aussi le bois, le papier fabriqué à partir de bois… ou même la peau entre tes orteils !

Comme de nombreux champignons, je suis né d’une spore, une sorte de mini-graine qui flotte dans l’air. Quand elle se pose sur quelque chose de mangeable (pain, fruit, bois…), elle germe et développe des filaments hyperfins, les hyphes : le champignon commence à se former !

Les hyphes absorbent la nourriture et se connectent entre elles. Si elles sont bien nourries, elles produisent des sortes de bourgeons remplis de spores qu’elles libèrent dans l’air… Et c’est reparti pour de nouveaux champis !

Le moisi sur les fruits ou les murs, ce sont beaucoup de champignons microscopiques et leurs filaments. Ils finissent par former de vrais tapis duveteux blancs, verts ou noirs pas très appétissants !

Il y a aussi des champignons microscopiques qui n’ont pas de filaments. Il s’agit de mes cousines les levures. Elles se reproduisent juste en « bourgeonnant » : une levure crée un petit bourgeon, une sorte de bosse d’où naît une nouvelle cellule, et ainsi de suite.

Les levures adooooooorent le sucre. Si on les mélange à de la farine, elles dévorent le sucre qu’elle contient et rejettent un gaz appelé dioxyde de carbone (C02). C’est pour ça que les humains mettent de la levure : pour faire gonfler la pâte du pain !

Certains champignons causent du tort aux humains, d’autres du bien. Par exemple, alors que Penicillium sert à fabriquer des antibiotiques, d’autres provoquent des démangeaisons sur la peau (des mycoses) ou détruisent des cultures ou des bâtiments en bois.
En direct du labo avec Sarah Dellière, médecin microbiologiste et chercheuse

« Les champignons microscopiques, c’est encore tout un monde à explorer : il nous reste des millions d’espèces à découvrir ! Ils sont essentiels, car ils recyclent la matière morte. Sans eux, la nature serait rapidement envahie de déchets. Des chercheurs essaient même de leur apprendre à dégrader le plastique ! »
Walter le protozoaire

« Protozoaires », ça veut dire « premiers animaux » en grec ancien. Parce qu’au 19e siècle, les scientifiques ont cru qu’on était de tout petits animaux, vu qu’on mange et qu’on bouge. Mais finalement, ils nous ont classés à part, parce que contrairement à nous, les animaux sont faits de plusieurs cellules.

Nous sommes donc de minuscules êtres vivants composés d’une seule cellule. Mais à la différence des bactéries, nous avons un noyau dans notre cellule qui contient tout notre matériel génétique (notre plan de fabrication).

Nous sommes mêmes capables de bouger tout seuls ! Moi, par exemple, je me déplace en battant des cils, qui recouvrent ma cellule. D’autres le font avec leur flagelle, une sorte de fouet qui s’agite derrière eux, d’autres encore rampent…

De nombreux protozoaires ont besoin d’un hôte pour vivre : c’est un être vivant dans lequel on s’installe. C’est pour ça qu’on nous surnomme souvent « parasites ». Certains protozoaires laissent les humains tranquilles, mais d’autres provoquent des maladies.

Le paludisme, une maladie grave qui frappe beaucoup de pays, est causé par le protozoaire Plasmodium. Il se répand à cause des moustiques : quand l’un d’entre eux pique un malade du « palu », il aspire ses Plasmodium, qui vont ensuite contaminer des personnes saines quand il les piquera.

Certains protozoaires ne rendent pas malades et sont mêmes utiles aux humains. Par exemple, on aide les végétaux à pousser : on mange des bactéries et, en les digérant, on les transforme en éléments bons pour la terre.

Nous aimons beaucoup barboter dans les étangs et les mares. Mais attention, il vaut mieux ne pas avaler certains d’entre nous, comme mon cousin Giardia. Sinon, on risque d’avoir une bonne diarrhée…

En direct du labo avec Sarah Dellière, médecin microbiologiste et chercheuse

« Certains protozoaires parasites sont capables de tromper les défenses du corps. Ils se cachent, se déguisent, changent de “costume” pour devenir presque invisibles. Ils peuvent ainsi rester longtemps dans notre organisme. Au laboratoire, nous inventons de nouvelles méthodes pour les démasquer. »
Texte : Bruno Muscat. Illustrations : Bastien Jalibert. Photo Sarah Dellière : Institut Pasteur/François Gardy. Merci à l’Institut Pasteur et à Sarah Dellière, médecin microbiologiste à l’hôpital Bichat-Claude Bernard et chercheuse à l’Institut Pasteur.

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