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Chaque année, de moins en moins d’enfants partent en colonie de vacances. Dans un contexte marqué par le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire, ces séjours, qui valorisent le sens du collectif et la découverte, sont aussi sources d’inquiétudes pour les parents. Accompagner les familles sur ces questions fait partie des engagements de Bayard Jeunesse depuis toujours en matière de protection de l’enfance. Voici quelques clés pour se préparer sereinement avec nos enfants.

Les « colos » n’ont plus la cote. Alors que dans les années 1960, 4 millions d’enfants partaient chaque année en colonie de vacances, ils n’étaient plus que 1,3 million en 2024-2025. Un déclin qui s’explique par plusieurs facteurs. « Cette année, on observe une baisse significative de la fréquentation. C’est en partie dû à la réduction des financements et à la disparition du dispositif des colos apprenantes », observe Benoît Fontaine, directeur du service vacances et séjours éducatifs de la Ligue de l’enseignement, qui permet à environ 100 000 enfants de partir chaque année sous le label « Vacances pour tous ».

Difficile aussi d’ignorer l’actualité, marquée par les affaires de violences sexuelles dans le périscolaire. À Paris, les inscriptions dans les centres de loisirs ont baissé de 13 % cet été. Pour Benoît Fontaine, « il n’est pas impossible que cela ait eu un impact sur les colonies de vacances, mais cela reste de l’ordre de l’intuition. Les parents nous questionnent sur le sujet, notamment sur la constitution des équipes. »  

Une envie de déconnexion, de nature et d’expériences collectives 

Directrice de la Fondation pour l’enfance, Joëlle Sicamois constate que « l’inquiétude des parents est ressentie de façon globale dans tous les lieux où ils sont censés laisser leurs enfants. Vous additionnez l’affaire Lyhanna et les scandales du périscolaire et vous avez des adultes en hypervigilance, ce qu’on peut aisément comprendre. »

Pourtant, l’envie de les voir vivre de nouvelles aventures estivales est bien présente. On observe une vraie demande de déconnexion, de découverte de la nature et d’expériences collectives de la part des familles. « Un premier départ en dehors du cercle familial aide aussi à être plus mobile plus tard, cela apporte beaucoup dans la vie personnelle des plus jeunes », plaide Benoît Fontaine.  

Photo d'enfants dans une piscine.© Adobe Stock

Un carnet de bord pour suivre la colo au jour le jour 

Fort de son expérience, le responsable de la Ligue de l’enseignement est attentif aux peurs exprimées. « En dehors de l’actualité, la première inquiétude exprimée, c’est : est-ce que mon fils ou ma fille va se faire des copains, est-ce qu’il ne va pas se retrouver tout seul ?  À cette peur de l’isolement, nous répondons assez facilement, car les équipes sont formées à la sécurité physique, mais aussi affective des enfants. »

Les colonies accueillant des petits dès l’âge de 4 ans, la question de la communication avec la famille est aussi abordée. Dans la plupart des organismes, les parents peuvent avoir un numéro pour joindre la structure et des temps calmes sont prévus pour écrire des cartes postales, téléphoner ou utiliser son portable pour les plus grands. Un carnet de bord de la colo, souvent sous la forme de blog, relate toutes les activités au jour le jour. En cas d’incident, les parents sont évidemment prévenus. « Tout ce qui se passe lors de la colo qui mérite une attention particulière est communiqué. Ce qu’il faut retenir, c’est que nous ne sommes pas dans un endroit secret, tout doit être su », assure le professionnel.  

Des équipes formées à la question des violences sexuelles 

Concernant l’actualité et la prévention des violences sexuelles, Benoît Fontaine rappelle le cadre. « Le protocole de recrutement des équipes n’est pas basé sur un entretien unique. Il faut avoir les qualifications comme le BAFA ou le BAFD, dans lesquels un module de formation autour des violences sexistes et sexuelles est prévu. À la Ligue de l’enseignement, nous avons aussi une formation prévue sur le sujet. Chacun des adultes qui gravite autour des enfants – que ce soit dans les cuisines, l’entretien des bâtiments – fait l’objet d’une déclaration au TAM (Téléprocédure d’Accueil des Mineurs) qui permet de s’assurer qu’ils n’ont pas fait l’objet de poursuites ou d’interdiction d’exercer. »

Il insiste également sur les procédures mises en place lors des séjours, comme le temps des douches en non-mixité. Et d’ajouter : « Il ne peut pas y avoir d’animateur isolé dans une pièce fermée avec un enfant. Cela évite toute ambiguïté. » 

Des jeunes dans un dortoir.© Adobe Stock

« L’enfant doit savoir que personne n’est censé toucher ses parties intimes » 

Afin de se rassurer et de gagner en sérénité avant la première colo, Joëlle Sicamois prodigue quelques conseils. « Le parent peut transmettre les notions de respect du corps, du consentement et de l’intimité. Ces sujets peuvent être abordés dès 2 ans et encore plus à 4 ans, notamment à travers des livres. L’enfant doit savoir que personne n’est censé toucher ses parties intimes. La règle est simple, il faut la marteler. » Si ce discours doit être abordé régulièrement, le rappeler juste avant le départ est une bonne chose. « Vous pouvez dire à votre enfant que si quelqu’un lui fait quelque chose qui le met mal à l’aise ou qu’il n’est pas d’accord, il doit aller le dire à un autre adulte. »

La directrice de la Fondation pour l’enfance incite aussi les parents à poser des questions à la structure qui organise le séjour. Quelles règles sont mises en place, notamment pour l’accès aux toilettes, aux douches et aux vestiaires, est-ce qu’un mineur peut se retrouver seul avec un adulte, quelle est la procédure si un enfant fait une révélation… « Tout comme vous pouvez vous inquiéter de savoir si votre enfant dormira avec son doudou, vous pouvez demander comment il ira à la douche. Ce sont des questions légitimes qui permettent de s’assurer que des protocoles sont mis en place. Obtenir des réponses qui nous satisfont permet de se rassurer », assure-t-elle.

Photo d'une colonie de vacances © Adobe Stock

Être vigilant tout en faisant confiance  

Quand la colonie de vacances est trouvée et que le sac est bouclé, la sérénité doit s’installer. Pour Joëlle Sicamois, « une fois la décision prise, on ne met pas de stress sur l’enfant. Il faut aussi comprendre que de l’appeler tous les jours est parfois souhaitable, parfois pas. C’est difficile, car il faut être vigilant, mais aussi faire confiance à ceux dont c’est le métier. » Après le départ, les parents n’auront qu’une semaine ou deux à patienter avant de retrouver leur petit vacancier et ses récits d’aventures.  

Notre engagement pour la protection des enfants

Parler des violences sexuelles à un enfant est difficile. C’est pourtant en levant ce tabou que l’on peut protéger nos jeunes. Depuis plusieurs années, Bayard Jeunesse agit concrètement contre les violences faites aux enfants. Nous proposons aux familles trois livrets gratuits pour aborder ce sujet difficile avec les mots justes, quel que soit l’âge de l’enfant. Cet engagement se traduit également par notre partenariat avec l’association avec L’Enfant Bleu, dont nous relayons le Respectomètre, un outil pour aider les enfants à distinguer les comportements bienveillants de ceux qui ne le sont pas. Car aider les enfants à repérer les signaux d’alerte, à se confier à un adulte de confiance et à briser le silence est l’affaire de tous. 

Couverture-livret-"Mon corps est un trésor"

Texte : Hélène Guinhut Boncœur. Photos : Adobe Stock. Illustration : Thierry Manès.