Éveillez la curiosité de votre enfant avec le magazine qui lui ressemble !

Petits, nos enfants ne se posent pas la question… Mais au collège (et même après), les clichés rendent les amitiés mixtes parfois difficiles. Okapi, le magazine Bayard Jeunesse pour les 10-15 ans, donne la parole à des ados et à un psychologue pour démêler le vrai du faux.

S’ils sont amis, c’est forcément qu’ils sont amoureux ? Faux

Mathéo (10 ans) et Emmy (12 ans) se sont rencontrés en primaire. Ils ne sont plus dans le même établissement, mais continuent d’entretenir des liens d’amitié. Et les remarques des autres sont le dernier de leurs soucis !

Mathéo : « C’est un peu plus compliqué, mais on arrive à se voir à l’espace jeune et parce qu’on pratique le même sport, le handball. Ce n’est jamais vraiment arrivé qu’on me demande si on était ensemble. Si c’était le cas, j’aurais répondu “non, on est juste ami(e)s”. L’avis des autres, ça ne m’intéresse pas. Et puis, s’ils posent la question, c’est peut-être juste parce qu’ils sont jaloux.

Emmy : « Pour moi, ce genre de question ne se pose pas vraiment. C’est une amitié comme une autre finalement. On m’a posé parfois cette question, mais j’essaie vraiment de ne pas faire attention aux remarques. J’ai une cousine un peu plus grande qui a un meilleur ami garçon. On lui faisait beaucoup des réflexions bizarres ou on se moquait d’elle… Sur le coup, ça m’a un peu inquiétée. Mais elle m’a conseillé de ne pas faire attention à ces gens-là, et ça fonctionne ! »

Illustration d'un adolescent et d'une adolescente. Ils sont amis et les remarques des autres sont le dernier de leurs soucis !

L’avis du psy

Au collège, les normes sociales — en gros, tout ce qu’on voit autour de soi et ce qu’on nous apprend depuis qu’on est petit — prennent beaucoup de place. Et à l’adolescence, on cherche souvent à affirmer qui on est, en tant que fille ou garçon. Ce qui complique parfois les amitiés mixtes, c’est le regard des autres. Comme si être ami(e) avec quelqu’un de l’autre genre voulait dire qu’on n’est pas une “vraie” fille ou un “vrai” garçon… Du coup, être ami(e)s hors du collège peut sembler plus simple, parce qu’il y a moins de pression. Et ça montre bien un truc : il manque encore pas mal d’ouverture d’esprit… et pas seulement chez les ados, d’ailleurs !

L’amitié fille-garçon aide à mieux comprendre l’autre ? Plutôt vrai

Amis d’enfance depuis le CP, Eudes (14 ans) et Clémentine (14 ans) sont dans le même collège. Au quotidien, ils font partie d’une bande de sept ami(e)s, composée de filles et de garçons. Pour l’un comme pour l’autre, cette relation est précieuse.

Eudes : « Dans notre groupe, chacun a une amitié différente avec telle ou telle personne, mais avec Clémentine, c’est différent parce que l’on se connaît depuis super longtemps. Aujourd’hui, on se considère comme meilleurs amis.

Clémentine : « Quand on parle avec Eudes, c’est souvent plus intéressant. Selon moi, c’est hyper important d’être aussi amie avec un garçon. Parce qu’on vit les mêmes situations, par exemple les disputes et les histoires, mais on ne ressent pas les choses de la même façon, donc on n’a pas les mêmes avis. Par exemple, quand je flirte ou que je sors avec un garçon, mes copines vont simplement être contentes, alors qu’Eudes va être plus tempéré. Et même s’il nous arrive de ne pas nous parler pendant un temps, tout est toujours comme avant. »

L’avis du psy

Les amitiés mixtes sont en effet très bénéfiques ! À l’adolescence, mais aussi tout au long de la vie, il n’est pas rare d’avoir de fausses représentations sur le genre opposé. Être ami(e) avec une fille ou un garçon rend donc l’autre moins mystérieux et permet d’éviter un tas de généralités. Et ça peut même t’aider dans les relations amoureuses.

Les filles et les garçons n’ont pas les mêmes centres d’intérêt ? Faux

Juliette (14 ans) et Gabriel (14 ans) se sont rencontrés en 6e. Tous les deux sont en “classe à horaires aménagés musique” (CHAM). Leur amitié est née de leur passion commune pour la musique.

Juliette : « Gabriel joue du saxophone, moi de la harpe. Notre emploi du temps est aménagé, donc on passe nos après-midi au conservatoire. C’est là-bas que nous avons vraiment commencé à discuter et que nous nous sommes rapprochés. On est aussi tous les deux sportifs. Je pratique l’athlétisme, Gabriel le kayak. Avant, il nous arrivait même d’aller courir ensemble. »

Gabriel : « Sur le fait que certain(e) pensent que les filles et les garçons ne partagent pas de passion commune, qu’il y aurait “les trucs de fille” et “les trucs de garçon”, je ne suis pas tout à fait d’accord. Pour moi, ça dépend surtout des personnalités, pas du genre. Par exemple, avec Juliette, on ne se dispute presque jamais. On partage les mêmes grandes idées, on est d’accord sur la plupart des choses. Et c’est ça le principal dans une amitié. »

L’avis du psy

Que l’on soit une fille ou un garçon, une amitié reste une amitié. La place et la fonction remplie par un(e) pote, qu’il ou elle soit fille ou garçon, est fondamentalement la même. Un(e) ami(e) est avant tout : quelqu’un en qui l’on peut avoir confiance, avec qui l’on partage un certain nombre de valeurs et d’idées et, surtout, avec qui on aime passer du temps !

Une amitié fille-garçon finit toujours par se compliquer ? Ça dépend

Valentin (13 ans) et Emma (13 ans) sont ami(e)s depuis l’enfance. Même s’ils ne portent pas forcément le même regard sur l’amitié fille-garçon, cela n’a jamais été un problème.

Emma : « Je crois en l’amitié fille-garçon et, en même temps, j’ai l’impression que ça dépend des personnes. Par exemple, avec Valentin, je suis sûre que ça n’ira pas plus loin que de l’amitié. Mais je sais aussi que je peux m’attacher très vite aux autres. Et puis, quand je vois une fille et un garçon très proches, je me pose toujours la question “Est ce qu’ils sont amis ou est ce qu’ils sont ensemble ? “Je crois que c’est normal, mais ça ne doit jamais aller jusqu’aux remarques déplacées ou aux moqueries. »

Valentin : « Pour moi, l’amitié fille-garçon existe ! Je sais faire la différence entre aimer quelqu’un et être ami, avec Emma mais aussi avec mes autres amies. Mais je connais des personnes à qui il est arrivé que l’un ou l’autre tombe amoureux. Ou certaines qui se sont juste posé la question : “Peut-être que je l’aime bien plus qu’un(e) ami(e) ?” »

L’avis du psy

À l’adolescence, la puberté peut secouer fort ! Entre les émotions qui partent dans tous les sens et les hormones qui s’en mêlent, pas toujours facile de s’y retrouver. D’un coup, tu peux voir les autres différemment, te poser plein de questions sur ce que tu ressens… Mais pas de panique ! C’est normal qu’à vos âges, la frontière entre meilleur(e) ami(e) et petit(e) ami(e) soit parfois floue. L’important, c’est de comprendre qu’il existe plein de types de relations différentes… et surtout de se demander si celle que l’on vit rend heureux ou heureuse. Et si tu as envie d’en parler à ton ou ta pote mais que tu stresses un peu, fais-toi confiance : écoute ton feeling avant tout.

“L’amitié fille-garçon : mission (im)possible ?”, article extrait du magazine Okapi n° 1242, 15 avril 2026. Texte : Lucie Quellard. Illustrations : Azimelie. Nos remerciements à Vincent Joly, psychologue.

Couverture du magazine Okapi n°1242, 15 avril 2026.
Couverture du magazine Okapi n°1242, 15 avril 2026.



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