Éveillez la curiosité de votre enfant avec le magazine qui lui ressemble !

À quelques semaines des épreuves du brevet et du bac, un mot circule plus que les autres dans les conversations familiales : l’oral  ! Grand oral, épreuves de français, oraux de spécialité… Pour les élèves – et leurs parents  –, ce rendez‑vous peut susciter une certaine appréhension. Publiées dans Phosphore, ces astuces d’un expert de l’éloquence aideront nos ados à aborder les oraux dans les meilleures conditions, du brevet jusqu’aux études supérieures.

Se tenir devant des adultes que l’on ne connaît pas, se soumettre à leur évaluation, défendre un travail, répondre à des questions imprévues : ce n’est pas tout à fait un exercice du quotidien. Mais avant de céder à la panique, il faut prendre un instant pour relativiser. Les oraux du brevet ou du bac, ne sont ni des pièges ni des tribunaux. On ne joue pas sa vie lors d’un oral. L’exercice permet juste aux élèves de montrer ce qu’ils ont compris, réfléchi et travaillé durant l’année scolaire. C’est aussi un bon moyen d’apprendre à dire les choses à leur manière. Avec leurs mots, leurs hésitations parfois, leur sincérité souvent.

Mais quoiqu’on dise, l’oral reste impressionnant. Les élèves craignent le trou de mémoire, la voix qui tremble, les mains moites, la panique qui gagne. Et c’est normal. C’est un exercice qui s’apprend, comme on apprend à rédiger ou à résoudre un problème. C’est d’ailleurs à cet effet que les établissements multiplient les oraux blancs, pour entraîner les élèves, les mettre en situation. Comme une répétition générale, avant le grand moment.

Bertrand Périer.

Et puis, il faut se dire que les examinateurs savent le stress, l’âge, l’enjeu. Ils évaluent un propos, pas une personnalité. À l’approche de ces épreuves, Phosphore fait baisser la pression et donne des astuces, avec l’aide de Bertrand Périer, avocat au conseil d’État et à la cour de cassation, et roi de l’éloquence dans le documentaire À voix haute : la force de la parole. Il intervient auprès de lycéens pour leur apprendre à s’exprimer devant un public et partage ses bons conseils pour assurer le jour J.

Victoria Jacob, rédactrice en chef de Phosphore

Le manuel du grand oral

Ces conseils de Bertrand Périer pour réussir le grand oral peuvent servir pour tous les oraux, depuis le brevet jusqu’aux études supérieures.

Conseil n° 1 : N’aie pas peur du grand oral

« Vois le grand oral comme une chance : celle de te former à l’art oratoire. Le côté solennel de cette appellation ne doit pas t’intimider. C’est une conversation de 20 minutes avec deux personnes, sur un sujet que tu as choisi d’étudier ! C’est ta dernière épreuve tel un rituel de passage vers les études supérieures ou le monde professionnel. »

Conseil n° 2 : Choisis ce que tu aimes

« Le grand oral est une épreuve plaisir ! Les deux questions que tu vas approfondir doivent te motiver, résonner avec tes projets (études, stages, associations, voyages, loisirs). Les sujets les plus intéressants seront au carrefour de tes deux spécialités de terminale : essaie de trouver des ponts entre elles ! Par exemple, littérature et sciences : “En quoi l’œuvre de Jules Verne est-elle le reflet des découvertes de son temps ?” »

Conseil n° 3 : Pitche ton idée autour de toi

« Plus ton projet te plaira, plus il te sera facile de le résumer, de le partager et de le défendre. Vérifie auprès de tes professeurs que ton thème n’est ni trop étroit ni trop complexe. Formule ton sujet (si possible de manière interrogative : “En quoi… ? Jusqu’où… ? Dans quelle mesure… ?) et pitche-le à tes amis et à ta famille en une minute. As-tu suscité leur intérêt ? Le thème et le libellé reçoivent-ils bon accueil ? »

Conseil n° 4 : Planifie ton travail

« Des mois de travail à présenter en 10 minutes : l’essentiel se joue en coulisses ! Le jour de l’épreuve, le jury choisira une des deux questions que tu lui présenteras. À toi de bien les maîtriser. Pour cela, documente-toi, sélectionne tes idées. Tu dois avoir tes sujets en décembre. Au deuxième trimestre, construis tes exposés. D’avril à juin : travaille ton discours et entraîne-toi. »

Conseil n° 5 : Soigne le fond et la forme

« Mets du cœur à l’ouvrage ! Au-delà de tes connaissances, on évaluera ta capacité à t’exprimer en public, la clarté et la fluidité de ton discours, ton vocabulaire… Sois attentif·ve à la qualité et à la construction de ton argumentation (argument de droit, de fait, de valeur, d’émotion), en particulier lorsque tu répondras aux questions du jury. »

Conseil n° 6 : Range ta timidité au placard

« S’exprimer devant un auditoire, ça s’apprend ! Tu vas t’entraîner en classe. En dehors, tu peux aussi prendre des cours de chant, intégrer une compagnie de théâtre amateur ou investir toute activité qui libère la parole et renforce l’image de soi. Un bon exercice : la chronique radio. Raconte à quelqu’un un fait d’actualité, analyse-le et argumente ton avis sur le sujet, le tout en 3 minutes. »

Conseil n° 7 : N’apprends pas par cœur

« Si tu récites, cela va se voir. Sans compter qu’au stress de la prise de parole, tu ajouteras l’angoisse du trou de mémoire. Tout le monde est capable d’improviser. Toi aussi, à condition d’avoir bien en tête la trame de ton exposé, c’est-à-dire l’enchaînement de tes idées. Ne t’en fais pas : si un mot ne te vient pas, le jury te tendra la perche. »

Conseil n° 8 : Prends le jury par la main

« Le jour J, fais attention à ne pas privilégier l’un des examinateurs. Regarde chacun d’eux alternativement. Après 20 minutes pour préparer la question qu’ils auront choisie, tu leur présenteras ton exposé en 10 minutes. Énonce ton plan de façon claire et suis rigoureusement le chemin annoncé. Le jury doit se sentir pris par la main et savoir où tu en es grâce à tes transitions. »

Conseil n° 9 : Adopte la bonne attitude

« Comporte-toi comme si tu étais invité·e chez des amis de tes parents que tu ne connais pas ! Accompagne tes propos de gestes naturels. Pas de mains ballantes ni dans le dos : elles doivent être expressives et appuyer tes mots. Tu seras debout pour l’exposé, puis tu pourras t’asseoir pour répondre aux questions du jury. Sois respectueux·se et courtois·e, ni négligé·e ni apprêté·e, ni je-m’en-foutiste ni prétentieux·se. »

Conseil n° 10 : Capte l’attention

« Varie ton débit et le ton de ta voix, qui doit être tout sauf monotone. Privilégie les phrases courtes et fais appel à des figures de style. Question oratoire (“Pourquoi la situation s’est-elle dégradée ? D’abord…”), anaphore, métaphore, formule choc qui claque sont autant d’outils verbaux qui renforcent l’impact de ton discours. »

Conseil n° 11 : Reconnais ton ignorance

« Tu sèches face à une question ? Ne reste pas muet·te ! Reconnais que tu ne sais pas répondre à ce point précis, mais que sur telle question proche, tu peux affirmer que… Autre possibilité : réfléchis devant le jury. Explique-lui quelles connaissances tu mobilises pour essayer de t’approcher de la réponse, raisonne à voix haute. L’objectif est de lui montrer que tu n’es pas tétanisé·e par la question ! »

Conseil n° 12 : Suis l’actualité de tes questions

« Une confidence : le jury ne connaîtra pas tes sujets aussi bien que toi. L’un des examinateurs pourra ne pas enseigner une spécialité, mais une matière de tronc commun. Il est fort probable que pour la partie 2 de l’épreuve (10 minutes de questions), on t’interroge sur l’actualité du domaine étudié. Anticipe les questions possibles… et les réponses, bien entendu ! Sois clair·e et pédagogue, comme tu aimes que tes professeurs le soient pour toi. »

Conseil n° 13 : Donne ton avis (et n’en change pas)

« Pour une fois qu’on te la demande, donne ton opinion personnelle ! Le jury te testera peut-être en réfutant tes arguments ou en prenant la position inverse pour voir si tu changes d’avis. Ne te laisse pas retourner comme une crêpe, sois sûr·e de tes convictions ! À toi d’étayer ta défense d’éléments solides, qui s’appuient sur tes connaissances. »

Conseil n° 14 : Dompte ton stress

« Tu bégaies, tu bafouilles, tu t’embrouilles ? Interromps-toi, respire, et reprends plus lentement : “Je crois que je n’ai pas été clair·e, je vais reformuler.” N’imagine pas le jury comme une hydre malfaisante. Les professeurs connaissent la difficulté de l’épreuve et font preuve de mansuétude. »

Préparation de l’oral : IA or not IA ?

Utiliser l’IA pour préparer son oral peut te sembler pratique… Mais c’est super risqué. D’abord parce que le jury attend ta réflexion personnelle et va très vite repérer un discours trop « fabriqué ». Ensuite parce qu’on ne le dira jamais assez, l’IA peut produire des erreurs. Elle va aussi te priver de la compréhension entière du sujet que tu pourrais creuser toi-même, du coup tu seras bien moins à l’aise face aux questions du jury. Le grand oral évalue ta capacité à expliquer, argumenter et improviser : des compétences que tu ne peux développer qu’en travaillant toi-même ton sujet.

À lire

  • Petit manuel pour grand oral, par Bertrand Périer (éditions Magnard, 2020, 16  €).
  • Les Vingt-cinq discours de votre vie, de Bertrand Périer, (JC Lattès, 2025, 19  €).

“Le manuel du grand oral en BD”, article extrait du guide trimestriel Phosphore, mai 2026. Texte : Natacha Lefauconnier. Illustrations : Fabrice Erre.

Un guide Phosphore pour réussir à l’oral et réfléchir à son orientation

Pensés pour les 14-18 ans et leurs parents, les guides trimestriels Phosphore accompagnent les années de la troisième à la terminale avec des décryptages, des témoignages et des conseils… Découvrez le numéro de mai 2026 chez les marchands de journaux et par abonnement avec Phosphore, l’hebdo numérique.

Le numéro de mai 2026 est actuellement en vente en kiosque et par abonnement.