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Après un été marqué par les feux de forêt, votre ado veut s’engager comme jeune sapeur-pompier ? Alors qu’un tel engagement peut susciter des inquiétudes, les professionnels nous informent. 

La France compte 28 000 jeunes sapeurs-pompiers (JSP) répartis au sein de plus de 1 500 sections. L’accord des parents étant indispensable, savoir en quoi consiste le programme est essentiel. D’autant que l’actualité a mis en lumière le rôle des sapeurs-pompiers volontaires et suscité un intérêt croissant chez nos adolescents. Corinne Bonne-Trompa, secrétaire générale de l’association habilitée des jeunes sapeurs-pompiers de la Gironde et responsable de la section d’Arès Lège-Cap-Ferret, l’a constaté sur le terrain. « D’habitude, l’été est plutôt calme, mais depuis les incendies, plusieurs demandes sont arrivées via le site des jeunes sapeurs-pompiers de Gironde. » 

On peut être jeune sapeur-pompier dès 11 ans ? Vrai et faux

Selon le cadre réglementaire, il faut avoir entre 11 et 18 ans pour rejoindre les JSP. Mais si votre ado veut s’engager, regardez bien le fonctionnement au niveau local, car chaque section a des critères d’âge différents. « Par exemple, dans les Vosges, nous recrutons à 13 ans. Et à Paris et à Marseille, ce sont des unités militaires : les jeunes sapeurs-pompiers de Paris et les jeunes marins-pompiers de Marseille », explique le lieutenant Samuel Fleck, animateur de la commission nationale des jeunes-sapeurs pompiers au niveau de la Fédération des sapeurs-pompiers de France. À Paris, il faut être né entre le 1er janvier 2011 et le 1er juin 2012 pour s’inscrire pour le cycle 2026-2029. Et à Marseille, il faut avoir 14 ans minimum. Attention aussi à ne pas être trop âgé : la formation des JSP comprend 4 cycles, du niveau 1 au niveau 4. Dans la majorité des sections, chaque cycle dure le temps d’une année scolaire. 

Il est possible de s’inscrire n’importe quand dans l’année ? Faux

La formation commence au début de l’année scolaire, mais mieux vaut s’y prendre à l’avance pour s’inscrire, dès avril-mai. Là encore, cela dépend des sections locales. « Il y a des effectifs maximums, donc les sections qui n’ont pas atteint leurs effectifs peuvent recruter jusqu’à début septembre », note Samuel Fleck. Pour être admis, les jeunes intéressés doivent passer des tests de sélection, plus ou moins exigeants selon le nombre de demandes reçues. « Ces tests permettent surtout de voir la motivation, car il s’agit d’un engagement. L’objectif est d’aller jusqu’au Brevet national de jeune sapeur-pompier (BNJSP) », ajoute le lieutenant.

Jeunes sapeurs pompiers : démêler le vrai du faux. Photo : Michael Desprez - Maxppp.

En Gironde, Corinne Bonne-Trompa reçoit et traite les demandes des jeunes. Un test écrit avec un peu de mathématiques et de français, un test oral et un test physique permettent de départager les candidats. « On recherche surtout la motivation en leur demandant ce qu’ils viennent chercher en devenant JSP. En général, quand l’idée vient des parents, ça ne fonctionne pas », précise la responsable de la section des jeunes sapeurs-pompiers d’Arès Lège-Cap-Ferret. Une fois engagé, le jeune devra consacrer une demi-journée par semaine à sa formation, en général les samedis ou mercredis, à l’exception des vacances scolaires. 

Faut-il avoir un très bon niveau sportif ? Faux

C’est l’idée reçue la plus répandue. Si le Brevet national de jeune sapeur-pompier (BNJSP) repose sur des épreuves sportives exigeantes (courir 2 km en 12 minutes, réaliser un parcours sportif, être à l’aise en natation et réussir une épreuve d’évaluation de la force des membres supérieurs), les adolescents en début de cursus ne doivent pas avoir ce niveau. Le lieutenant Samuel Fleck l’assure : « Il ne faut pas faire du sport en compétition pour rejoindre les JSP, mais il faut un minimum de condition physique. Nous avons des jeunes qui arrivent en section sans avoir d’atome crochu avec le sport, mais notre objectif est de leur faire aimer ça. Il est important d’inculquer les valeurs du sport, ne serait-ce que pour leur capital santé. »

Jeunes sapeurs pompiers : démêler le vrai du faux. Photo : Pierre Rouanet - Maxppp.

Jeune sapeur-pompier, c’est surtout pour les garçons ? Faux

Si le stéréotype persiste, sur le terrain, de plus en plus de filles s’engagent. Le lieutenant Samuel Fleck comptabilise un tiers de filles dans les effectifs et constate que certaines sections atteignent la parité. « Aujourd’hui, on voit bien qu’elles ont toute leur place. La culture machiste chez les pompiers tend à se gommer et il y a une vigilance pour inculquer des valeurs d’égalité. » En Gironde, la majorité des demandes viennent de garçons. Pourtant, Corinne Bonne-Trompa le voit au quotidien : « Ça s’est toujours bien passé avec les filles, aucune d’entre elles ne s’est sentie dévalorisée par rapport aux garçons. Pour certaines, cela les tire vers le haut. » 

Les jeunes sapeurs-pompiers n’apprennent pas seulement à combattre les incendies. Vrai

La lutte contre les incendies n’est qu’une partie de la formation des jeunes sapeurs-pompiers, qui comprend 5 modules. Les quatre autres modules d’enseignement sont le secours à la personne, la protection des biens et de l’environnement, l’engagement citoyen et les activités physiques et sportives. « Dans le module incendie, ils apprennent à établir les tuyaux, à travailler avec des appareils respiratoires isolants, avec le matériel de sauvetage comme les échelles, à comprendre les phénomènes du feu et les phénomènes thermiques », détaille Samuel Fleck. 

Jeunes sapeurs pompiers : démêler le vrai du faux. Photo : Frédéric Lecocq - Maxppp.

Les jeunes peuvent intervenir face à un feu de forêt ? Faux

Les jeunes sapeurs-pompiers ne sont pas des sapeurs-pompiers volontaires. En aucun cas ils n’interviennent sur de vrais feux. Samuel Fleck est catégorique : « Il est strictement interdit d’engager un JSP sur une activité opérationnelle. Ils peuvent en revanche s’impliquer sur des phases de retour à la normale. Par exemple, après des inondations dans le Var, les JSP se sont mis à la disposition des mairies pour proposer leur aide auprès des sinistrés pour nettoyer leurs caves. » En 2022, 80 jeunes sapeurs-pompiers de Gironde ont été décorés du prix de l’engagement citoyen du département pour avoir apporté une aide logistique lors des incendies en préparant notamment des repas aux pompiers engagés sur le terrain. 

Être jeune sapeur-pompier engage-t-il à devenir pompier volontaire ? Faux 

À la fin du cursus, les JSP passent leur brevet national de jeunes sapeurs-pompiers. Un prérequis qui leur permet de s’engager comme pompier volontaire, mais qui ne les oblige aucunement. Samuel Fleck l’assure malgré tout : « L’un des objectifs est de recruter des sapeurs-pompiers volontaires. 70 % des jeunes sapeurs-pompiers s’engagent. Les 30 % restants ont acquis des compétences qui leur serviront dans la vie de tous les jours. » Aux parents qui hésitent face à l’envie de leur enfant, le lieutenant met en avant les valeurs transmises par la formation : solidarité, esprit d’équipe, courage et dévouement. Il ajoute : « On a coutume de dire que c’est trois écoles en une : une école de la vie, de la citoyenneté et du sport. » 

Texte : Hélène Guinhut Boncœur. Photos (illustrations) : Michael Desprez-L’Est républicain, Manon Cruz-Le Courrier picard, Pierre Rouanet-La Voix du Nord, Frédéric Lecocq-Le Républicain lorrain / MaxPPP.