Parmi les chansons que nos ados se repassent en boucle, beaucoup abordent le thème de l’amour. Interprétées principalement par des hommes, quelle vision donnent‑elles de ce sentiment et des femmes ? Et cela peut‑il influencer la vie affective à l’adolescence ? Avec deux expertes, Phosphore a mené l’enquête…
À la rédaction de Phosphore, on écoute beaucoup de musique. Notamment pour recommander le meilleur à nos lecteurs et lectrices dans la rubrique « Culture Pop ».
Mais nous sommes régulièrement face à ce dilemme : un artiste très connu de notre public dont on ne peut pas relayer l’album, parce que trop de ses paroles parlent mal des femmes, relaient des visions sexistes. Plutôt que de ne pas traiter le sujet, on s’est dit qu’il était là, sous nos yeux : comment la musique la plus écoutée en streaming, plébiscitée des ados, aborde l’amour et les relations ? Qu’est-ce que ça fait de voir ces paroles brutes, sans clip, sans visuel pour les embellir ? Et si on mettait « pause » pour en questionner vraiment le sens, qu’est-ce qu’on apprendrait ?
Afin de répondre à ces questions dans Phosphore #48, nous avons rencontré deux expertes : Aurore Malet-Karas, docteure en neurosciences et sexologue, autrice de Cerveau, sexe et amour (éd. Humensciences), et Chloé Hinault. Animatrice de prévention au Crips Île-de-France, elle va dans les lycées pour parler de vie affective, relationnelle et sexuelle.
On peut aimer une chanson pour mille raisons et la musique est aussi un endroit de fiction. Mais ce qu’on lit, voit, écoute, façonne notre imaginaire. À l’adolescence, cette période de la vie où l’on se construit et où l’on se pose des questions sur sa vie intime, c’est le moment d’interroger ce qui nous nourrit. Pour que nos ados puissent se forger leur propre identité et développer tout leur esprit critique !
Apolline Guichet, cheffe de rubrique à Phosphore. Vidéo : Arthur Valentin.
À lire dans Phosphore #48 : “5 chansons pour faire sa déclaration”
Un peu d’inspiration piochée chez les plus grands pour aider nos ados à séduire leur “crush” du moment ou à venir !
Mode terre à terre : Vald dans Retomber amoureux
Le matin, j’demande « bien dormi ? »
Bien sûr, la veille, j’ai dit « bonne nuit »
Je, je retombe comme un bleu
J’ai remis l’son sur mon portable
Mode détente : Aya Nakamura dans No Stress
No stress, no stress
En détente quand tu m’appelles
Bébé, no stress, no stress
Même dans mes rêves ta voix m’apaise
Affection (affection)
J’veux que du love et de l’affection
Mode philosophe : Orelsan dans Paradis
Qu’est-ce que j’irais faire au paradis
Quand tu t’endors près de moi ?
Qu’ils le donnent à d’autres, le paradis
Je n’en voudrais pas
Mode lyrique : Youssoupha dans GIGI
Quand tu souris, qui te peut ?
Quand tu m’éblouis, qui te peut ?
Toi, t’es pas seulement la fille de Moussa
T’es la fille de Dieu
Mode énigmatique : Zaho de Sagazan dans Langage
J’apprendrai à parler ta langue, à lire dans tes yeux
À entendre les cris, tes cris silencieux
Laisse-moi le temps et la chance
De comprendre ton langage
Texte “5 chansons pour faire sa déclaration”, extrait du dossier “Comment la musique parle (mal) d’amour ?”, Phosphore #48 du 13 février 2026. Photos : Sony Music, Warner Music France, Revolution/AllPoints et Virgin Music France.
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