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Plusieurs partis politiques veulent faire voter une nouvelle loi avant la rentrée prochaine afin de protéger la santé mentale des jeunes. Mais ce n’est pas aussi simple, explique le psychiatre Serge Tisseron dans une interview d’Okapi, le magazine des collégiens et des collégiennes.

Pourquoi les réseaux sociaux posent-ils un problème chez les ados ?

Serge Tisseron : « Entre 13 et 15 ans, les réseaux sociaux ont des avantages, mais aussi beaucoup d’inconvénients. Ils sont devenus principalement des espaces d’information et de divertissement. Il y a moins d’interactions sociales et davantage de consommation de contenus fournis par les plateformes. Leur objectif : scotcher l’utilisateur le plus longtemps possible, pour recueillir ses données personnelles et lui faire acheter des objets réels ou virtuels. D’où la question de l’interdiction aux mineur(e)s. »

Serge Tisseron © MONFOURNY/LEEXTRA VIA OPALE PHOTO
Serge Tisseron. © Monfourny/Leextra Via Opale Photo.

Selon vous, qui devrait réguler l’accès aux réseaux sociaux ?

Serge Tisseron : « Pour moi, ce n’est pas le rôle de l’État, mais celui des parents, qui peuvent tenir compte de la maturité de leur enfant. On pourrait interdire par défaut aux mineur(e)s de moins de 15 ans d’accéder aux réseaux sociaux, mais en permettant aux parents d’en débloquer certaines fonctionnalités et de fixer des tranches horaires selon leurs valeurs. L’État, quant à lui, devrait mettre en place dans les collèges des personnes-ressources pour le numérique, formées par des expert(e)s. Ces personnes pourraient répondre aux questions des élèves et des parents, et les informer sur le sujet. »

Cette proposition de loi vous paraît donc inadaptée ?

Serge Tisseron : « Oui. Non seulement elle peut facilement être contournée, mais elle implique aussi la surveillance de toute la population. En plus, elle ne dit rien sur l’éducation aux médias, comme si, après 15 ans, on maîtrisait complètement les réseaux sociaux. Et elle ne prévoit pas d’alternatives : si on supprime une activité qui occupe les ados 4 heures par jour, il faut réfléchir à ce qu’on leur propose à la place. Il faudrait trouver des moyens pour que les jeunes se rencontrent : créer des espaces dédiés dans les villes, des terrains de sport gratuits, ouvrir les cours de récréation aux élèves le week-end… »

© Photos : AdobeStock par DimaBerlin. (image principale). Serge Tisseron : Monfourny/Leextra Via Opale.

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Couverture du magazine Okapi n° 1239, 1er mars 2026.
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